Impact de la pandémie de la COVID-19 sur les entreprises autochtones

Le Réseau de résilience des entreprises canadiennes rassemble un vaste réseau de plus de 450 chambres de commerce et plus de 100 des principales associations d’affaires du Canada, de toutes les régions et de tous les secteurs de l’économie. Ce réseau représente divers points de vue et le blogue RDREC offre une plateforme pour partager des idées avec d’autres membres du milieu des affaires et le gouvernement fédéral. Les opinions exprimées dans ce billet de blog ne reflètent pas nécessairement les vues ou les positions du RDREC ou de la Chambre de commerce du Canada.

Cet article est écrit par Tabatha Bull, Présidente et Chef de la direction, Conseil canadien pour le commerce autochtone (CCAB).


Fin mai, nous avons appris que le Nish Dish, un restaurant populaire de Toronto servant de la cuisine anishinaabe, fermait définitivement ses portes. Ce n’est qu’une des nombreuses entreprises autochtones du Canada qui subissent les effets économiques négatifs de la pandémie. Nous avons appris de plusieurs de nos membres qu’un nombre extrêmement élevé d’entreprises autochtones ont été affectées par la pandémie COVID-19. Beaucoup ont dû fermer temporairement leurs bureaux, tandis que d’autres ont dû les fermer définitivement.

Au CCAB, nous avons conscience de l’impact de l’économie autochtone locale sur les communautés autochtones. Comme pour tous les Canadiens, lorsque les entreprises prospèrent, les collectivités prospèrent. La différence est que les communautés autochtones ont toujours été mal desservies, manquent de ressources et sont systématiquement exclues de l’économie canadienne, de sorte qu’elles ont beaucoup plus de chemin à parcourir pour atteindre les mêmes niveaux de bien-être et de richesse que les communautés non autochtones.

Pour atténuer certains des effets négatifs de la pandémie sur les entreprises, le gouvernement fédéral a mis en place différentes mesures d’aide. Malheureusement, dans certains cas, les programmes de financement ne tenaient pas compte de la situation particulière des entreprises autochtones. En voici quelques exemples :

Le Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes (CUEC) permettait initialement de ne prendre en compte que le revenu imposable pour l’éligibilité des salaires. Cela excluait les entreprises situées dans les réserves où le revenu n’est pas imposé. Les conditions d’admissibilité ont été modifiées, ce qui a été apprécié, bien qu’avec un retard dans l’accès au programme.

Le projet de loi C-14 a initialement privé de nombreuses grandes entreprises appartenant à des autochtones de l’admissibilité à la Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC). Cette loi a également été modifiée, mais a de nouveau retardé l’accès au programme pour certaines entreprises autochtones.

Le Programme de crédit aux entreprises (PCE) ne peut pas être utilisé pour le paiement de dividendes. Cela représente un obstacle pour de nombreuses sociétés de développement économique autochtones qui soutiennent les programmes sociaux vitaux de leurs nations affiliées par le biais du paiement de dividendes à leurs actionnaires. Cette disposition doit encore être modifiée.   

Il a fallu des efforts considérables pour que les gouvernements anticipent les besoins du pays pendant la pandémie. Bien que la réponse politique ait été grandement appréciée à travers le pays, il y a un retard pour combler l’écart du soutien aux entreprises autochtones, ce qui a entraîné un impact négatif accru. Lors de la conception des programmes qui aideront TOUTES les entreprises canadiennes, les questions autochtones doivent être une priorité pour les gouvernements et le public canadien.

Le financement de secours du gouvernement fédéral ne peut être le seul moyen pour avancer. De nombreuses entreprises autochtones, comme d’autres entreprises canadiennes, produisent des équipements de protection individuelle (EPI) indispensables pour ralentir la propagation du virus. Même si nous encourageons les gouvernements fédéral, provinciaux, territoriaux et municipaux à attribuer des contrats aux entreprises autochtones pour les EPI, nous savons que de plus en plus, nous constatons une demande pour les EPI de qualité médicale et non médicale dans la vie de tous les jours. Nous encourageons les entreprises canadiennes à consulter notre liste toujours plus longue d’entreprises autochtones certifiées qui fournissent des EPI et à envisager de les acheter. Prenez de toute façon l’argent que vous aviez prévu de dépenser et dépensez-le là où il aura le plus d’impact – sur les entreprises autochtones.

– Tabatha Bull