Commentaire : Effondrement de la confiance dans l’ensemble de l’OCDE : 95% des entreprises interrogées font état d’un climat des affaires défavorable

Mark Agnew est Directeur principal des politiques internationales à la Chambre de commerce du Canada.

L’un des principaux organismes internationaux avec lesquels la Chambre canadienne collabore est Business at OCDE, qui est le groupe consultatif commercial officiel de l’OCDE et des gouvernements de ses pays membres. C’est un organisme essentiel auquel participer, étant donné que les travaux de l’OCDE concernent presque tous les domaines de la politique des entreprises: fiscalité, commerce, services financiers, environnement, numérique, concurrence, conduite responsable des entreprises, et bien d’autres.

En plus d’être en mesure de façonner les discussions à un stade précoce sur les questions qui ont une incidence sur les entreprises canadiennes, les affaires à l’OCDE offrent aux entreprises un forum leur permettant de tirer profit du réseau mondial de l’OCDE dans les économies industrielles axées sur le marché. Le document phare sur les perspectives publié chaque année par les entreprises à l’OCDE est leur étude de politique économique.

L’enquête de cette année a été un rappel brutal de la profonde détresse économique ressentie dans le monde entier en raison de la COVID-19. Le chiffre qui a fait la une a été la chute précipitée de la perception du climat économique actuel. Alors qu’en 2019, seuls 16 % des entreprises du réseau mondial de l’OCDE ressentaient un climat des affaires défavorable, ce chiffre était de 95 % en 2020. Il est également inquiétant de constater que le resserrement se fait sentir tant du côté de la demande (c’est-à-dire les consommateurs et les entreprises qui demandent des biens et des services) que du côté de l’offre (c’est-à-dire la capacité des entreprises à produire et à fournir ces biens et services).

Sans surprise, l’hôtellerie, le transport et les industries nécessitant une proximité personnelle étroite sont les plus durement affectés. En utilisant une moyenne pondérée – qui est un moyen de rendre compte des impacts en fonction de la taille relative d’un pays – le secteur du pétrole et du gaz ressent également la douleur dans l’ensemble de l’OCDE.

C’est la morosité. Que nous a appris l’étude économique sur la façon de s’en sortir ? Une chose qui ressort rapidement, c’est l’accent mis sur les interactions entre les entreprises et les rouages du gouvernement. Dans une large mesure, le manque de volonté et de leadership politiques a été identifié comme le plus grand obstacle aux réformes qui soutiendront la croissance économique. Le manque de continuité politique vient en deuxième position. En quatrième position, on trouve la capacité de l’administration publique à mettre en œuvre les réformes. Interrogés sur les domaines spécifiques de réforme qui soutiendront la croissance économique, les responsables de l’efficacité du secteur public se sont classés en troisième position sur dix-huit options différentes.

Parmi les autres priorités identifiées figure la politique économique du pain et du beurre. Cela comprend des domaines tels que l’infrastructure, le capital humain, l’innovation, le commerce et la fiscalité. Les entreprises de l’OCDE sont actives dans ces domaines et son réseau mondial plaide en faveur de mesures de soutien aux entreprises. Par exemple, en matière de commerce, la résilience des chaînes d’approvisionnement est une priorité absolue. Dans le domaine de la fiscalité, l’effort a porté sur la mise en place de mesures d’intervention pour aider les entreprises à disposer de liquidités.

Quels sont les enseignements à tirer de l’enquête ? Les fondamentaux de l’économie ne sont que cela, fondamentaux. Il y a un risque de complexifier à l’excès la réponse du gouvernement et de bloquer les choses dans les rouages de la prise de décision gouvernementale. Nous devons agir de manière décisive et crédible pour trouver une issue.

– Mark Agnew